Archives Mensuelles: août 2011

Les Femmes du 6e étage

Les Femmes du 6e étage est l’un des plus grands succès français de l’année au box-office. Succès en partie mérité pour un film frais et dynamique qui, malgré un portrait social convenu, arrive à nous embarquer l’air de rien dans un petit conte de fée.

Synopsis : Paris, années 60. Un agent de change rigoureux et père de famille coincé découvre qu’une joyeuse cohorte de bonnes espagnoles vit… au sixième étage de son immeuble bourgeois…

Les Femmes du 6e étage - critiqueLes Femmes du 6e étage fait la part belle aux acteurs, un Luchini égal à lui-même mais surtout un groupe d’actrices espagnoles en grande forme, qui rappellent de temps à autres l’influence d’Almodovar.

Le film navigue entre les clichés mais en profite aussi pour être drôle et touchant. Il n’y a rien de méchant ici, et si certaines descriptions dans l’opposition bourgeoisie morte / milieux populaires vivants sont attendues, Philippe Le Guay arrive à nous surprendre de temps en temps et à nous attendrir, le tout dans un tempo comique bien mené.

Bien plus intéressant que Potiche, qui finalement n’allait nulle part, Les Femmes du 6e étage, certes moins sophistiqué mais largement plus sincère, déroule une jolie histoire qui envahit la salle de cinéma d’un optimisme bienvenu. Après Angèle et Tony, le cinéma français semble cette année décidé à renouer avec les contes de fée. Et Philippe Le Guay, à l’opposé de La Bella Gente, sorti peu avant sur les écrans, croit que les milieux sociaux opposés peuvent se rencontrer, se comprendre, s’aimer.

La fin est étonnamment fraîche. Sans révolutionner le cinéma, Les Femmes du 6e étage croit encore en sa magie. Le film se termine comme un rêve improbable. Et pourtant, c’est étrange mais on y croit.

Note : 5/10

Les Femmes du 6e étage
Un film de Philippe Le Guay avec Fabrice Luchini, Sandrine Kiberlain, Natalia Verbeke, Carmen Maura et Lola Dueñas
Comédie – France – 1h46 – Sorti le 16 février 2011

Melancholia

Après Antichrist, Lars von Trier continue son voyage mystique à travers l’humanité et nous démontre encore une fois que l’homme est seul et condamné. Tout autour de lui est hostile et insensé. Melancholia est alors l’histoire du combat inégal entre Justine et sa mélancolie. Jusqu’à une apothéose glaçante et fascinante. Après le film, il ne reste que le néant.

Synopsis : À l’occasion de son mariage, Justine donne une somptueuse réception dans la maison de sa soeur. Pendant ce temps, la planète Melancholia se dirige vers la Terre…

Melancholia - critiqueLe dernier film de Lars von Trier est submergé par une tristesse vague et indéfinie. Cette tristesse, c’est la mélancolie qui va finir par engloutir la Terre toute entière, comme dans l’une des premières images du film.

La mélancolie prend deux formes et divise le film en deux parties très distinctes. Dans la première, la mélancolie est affaire d’individus. Chacun se débat avec son impuissance : Claire voudrait sortir sa soeur de sa torpeur; John aimerait que ce mariage, dans lequel il a beaucoup investi, soit une réussite; Jack voudrait un slogan pour la dernière pub de son entreprise; Dexter, le père de la mariée, voudrait sans doute la jeunesse éternelle; Quant à son ex-femme, Gaby, elle souhaiterait ne pas être mêlée à ce mariage qui la renvoie à son propre malheur; Michael aimerait, au contraire, avoir une chance d’être la mari de Justine; et les organisateurs du mariage luttent en vain pour que la fête se déroule sans encombre. Et Justine, qui donne son nom à cette partie, essaie simplement de sourire. Elle voudrait juste donner le change.

Mais tous sont figés dans leur incapacité, et Justine plus que tous les autres. Le goût de vivre la fuit constamment, la caméra à l’épaule renforce l’agitation de la jeune femme, d’autant plus seule qu’elle est entourée d’invités qui lui sont étrangers, de sourires qui lui sont incompréhensibles, de vœux qui lui sont insupportables.

Dans la seconde partie au contraire, la mélancolie est une affaire collective, l’affaire de l’humanité toute entière. Elle se matérialise par une planète sortie de nulle part et qui semble devoir approcher la Terre de si près qu’il se pourrait bien qu’elle l’engloutisse. Paradoxalement, c’est quand tout le genre humain est concerné que Lars von Trier décide de restreindre le drame à l’intimité d’une famille de quatre personnes, alors même que la mélancolie très personnelle de Justine se développait dans la première partie parmi la foule anonyme des invités. Ce retournement savamment construit invite au dialogue des mélancolies : c’est l’absurdité générale qui décourage Justine, et c’est l’impuissance de Justine qui condamne, plus que l’humanité, la vie dans son ensemble.

Car Justine dit qu’elle sait. Elle ne croit en rien, ni en l’homme, ni à la vie au-delà de l’homme. Découragée, à bout d’espoir, elle n’a même pas la force de regretter la vie. Cette deuxième partie, qui étend l’apocalypse d’un couple de la sphère privée à celle, totale, qui comprend tous les hommes et toutes les formes de vie, a beau s’intituler "Claire", elle continue à épouser le point de vue de Justine, comme en témoigne la caméra, plus figée, plus apaisée, plus résignée qu’affolée. Pourtant, Claire se débat tant qu’elle peut. Elle ne respire pas le bonheur, et pourtant son goût pour la vie est évident, son goût pour la sienne, pour celle de son fils, pour celles de son mari et de sa soeur, mais aussi son goût pour la vie en elle-même. L’existence est trop précieuse pour qu’on soit juste impuissants, l’existence est trop précieuse pour qu’on soit juste spectateurs de notre fin.

La mélancolie est un sentiment d’incapacité et le film donne finalement raison aux mélancoliques. Lars von Trier semble mépriser la vie et être, comme Justine, trop dépressif pour lui accorder un prix. "La vie sur Terre est mauvaise" dit Justine. Et dans ce cas, il n’y a rien de mal à ce qu’elle se termine. Et pourtant, au dernier moment, Justine pleure. Et si les mélancoliques n’étaient pas si indifférents à la vie qu’ils veulent bien le faire croire? Lars von Trier, sous ses airs cyniques, semble nous avouer enfin l’origine de son mal : non pas sa haine pour le genre humain, comme le fait croire Justine à sa soeur, mais plutôt son incapacité à dépasser sa condition. Justine dit qu’elle ne regretterait pas la vie si celle-ci venait à disparaître, et pourtant, quand la fin approche, elle éclate en sanglots, submergée par la mélancolie comme la Terre tout autour d’elle.

Melancholia est notre histoire à tous : un jour il faudra mourir. Et cette mort qui s’approche à mesure qu’on vit, on ne peut pas l’ignorer, elle grandit dans le ciel, de plus en plus grosse, de plus en plus omniprésente à l’horizon. Devant elle, il n’y a que deux réactions : la frayeur ou la résignation. Claire ou Justine. L’espoir qu’il y ait autre chose ou la conviction qu’il n’y a rien. Le désir de vivre malgré tout ou la douleur de devoir vivre malgré ça. Comment aimer, comment se marier, comment même prendre un bain quand on sait que tout ça ne sert à rien, quand on sait qu’on va mourir? L’homme, incapable même d’accepter sa condition, n’a plus qu’à construire des cabanes imaginaires pour se protéger, la perspective d’un paradis, d’une autre vie, d’un être supérieur… A ce titre, plus encore que les ralentis prophétiques qui ouvrent le film en soulignant l’élasticité macabre du temps qui se termine, c’est le plan final qui sublime Melancholia, donnant à la mort l’une de ses représentations cinématographiques les plus terribles. Alors, ensemble, le temps, le bruit, l’image et nos coeurs se figent en un générique du néant.

La science-fiction permet souvent aux grands réalisateurs de donner leur vision de l’existence. Kubrick interrogeait l’avant et l’après-homme dans 2001, L’Odyssée de l’espace. Récemment, Terrence Malick se mettait lui aussi à l’opéra cosmique pour montrer que l’homme n’était pas seul et que sa vie avait un sens qui le dépassait largement. A l’opposé, la danse des planètes de Lars von Trier n’est pas la danse du beau et de la création. C’est une danse de mort, de destruction, d’absurdité. L’esthétique grandiose de Melancholia, ses ralentis mythologiques, sa beauté glaciale sont les traces d’un univers parfait qui n’a pas besoin de l’homme pour continuer sa course vers le vide. Dans The Tree of Life, Dieu, l’homme et la nature ne formaient qu’un grand tout. Dans Melancholia, Dieu n’existe pas ou alors il est partout hormis dans l’homme. La Terre une fois détruite, l’univers retrouvera la sérénité qui l’habite.

Après avoir orchestré le massacre de l’homme par l’homme dans Dogville, Lars von Trier passe à l’étape suivante : c’est maintenant le hasard et les forces supérieures de la nature qui provoquent le génocide de l’humanité, comme une nécessité suprême. A moins que cette planète Melancholia ne soit que la conséquence du mal-être de Justine et, partant, du réalisateur lui-même. En choisissant ce nom pour sa planète et pour son film, ce dernier semble ne pas avoir cédé complètement à la tentation nihiliste.
Après tout, la véritable menace pour l’humanité ne serait peut-être pas la mécanique céleste. Ici, la fin du monde s’appelle Mélancolie. Lars von Trier nous raconte toute l’ampleur de son malheur et pleure de ne pas arriver à sourire : car c’est parce qu’on est incapable de lui donner un sens que la vie devient absurde.

Note : 8/10

Melancholia
Un film de Lars von Trier avec Kirsten Dunst, Charlotte Gainsbourg, John Hurt, Kiefer Sutherland, Charlotte Rampling, Stellan Skarsgard et Alexander Skarsgård
Science-fiction, Drame – Danemark, France, Suède, Allemagne – 2h10 – Sorti le 10 août 2011
Prix d’interprétation Féminine à Cannes 2011 pour Kirsten Dunst

The Future

Miranda July avait livré un merveilleux premier film, Moi, toi et tous les autres, sur la difficulé de rencontrer les autres et de briser la solitude. The Future évoque les mêmes problématiques, concentrées à l’intérieur du couple. Et le passage du temps, forcément hostile à l’amour. Mais le film ne dit presque rien, la plupart des scènes n’ont aucun intérêt et l’ennui devient abyssal.

Synopsis : Sophie et Jason, la trentaine, vont adopter un chat abandonné. Paniqués à l’idée de perdre leur liberté, ils quittent leur travail et se donnent 30 jours pour accomplir leurs rêves.

The Future - critiqueAprès Moi, toi et tous les autres, Miranda July explore les mêmes thèmes, la solitude, l’angoisse du futur, l’incommunicabilité, dans le couple, entre les générations ou simplement entre les habitants d’une même ville. Dans The Future, tout le monde a besoin de trouver sa place, de combler le vide, d’appartenir à une cause ou à quelqu’un, à l’image de ce chat qui pourrait enfin connaître l’affection qu’il n’a jamais eue.

Sauf que… Qui dit affection, cause à défendre, place à prendre, dit aussi passage du temps. Et quand le temps passe, le présent disparaît, le futur n’arrive jamais, comme s’il était continuellement coincé là, juste devant nous. Quand le temps passe, la mort peut arriver, les secondes chances n’existent pas, plus rien ne peut être changé ou rattrapé. Quand le temps passe, on est plongés dans l’attente, le vide s’étend, le besoin d’un sens se fait de plus en plus pressant.

Sophie et Jason prennent conscience du temps qui s’enfuit quand ils décident d’adopter un chat. Cela les projette dans un futur qu’ils n’avaient jamais vus si proche : la quarantaine, la vieillesse et juste après la fin. Ils ont trente jours pour profiter de la vie, pour réaliser ce qu’ils ont toujours voulu faire. Mais cette génération n’a pas de rêve. Jason et Sophie se débattent pour se créer artificiellement des buts à atteindre. Mais on ne décide pas du jour au lendemain d’avoir des rêves.

Le problème de The Future, c’est que ses personnages n’ont rien à dire. Fantômes d’une vie qu’ils traversent malgré eux, ils n’ont pas d’opinion, pas d’enthousiasme, juste de l’ennui tout autour d’eux. Et leur ennui envahit l’écran, envahit la salle et envahit le spectateur.

Sophie et Jason ne font rien, ils s’agitent vainement dans un quotidien morne que la réalisatrice n’arrive pas à sublimer. Le film semble répéter en boucle la solitude et le vide de l’existence, sans jamais arriver à dépasser ce simple constat.

Miranda July accumule alors des séquences conceptuelles plus proche de l’art vidéo qu’on trouve dans les musées que de la fiction de cinéma. La narration s’effiloche sur ces morceaux de films mis bout à bout et qui disent toujours la même chose. Les idées farfelues saupoudrées ici et là n’arrivent pas à trouver leur cohérence. Et il n’y a rien à faire, on s’ennuie.

The Future, après avoir lessivé complètement le spectateur, reprend un peu sens dans ses vingt dernières minutes : Jason bloque le temps pour bloquer l’irrémédiable. Il refuse le futur, il l’immobilise tant qu’il peut. Mais quand tout se fige, il n’y a plus de vie. The Future trouve alors son propos : c’est l’histoire d’un échec amoureux. D’un amour qui ne peut gagner son combat contre le futur : celui-ci envahit le quotidien du couple jusqu’à le rendre totalement insipide.

L’idée est malheureusement diluée dans ce film poseur et nombriliste qui évoque plus le journal intime maladroit que l’oeuvre d’art. Grosse déception.

Note : 2/10

The Future
Un film de Miranda July avec Miranda July, Hamish Linklater et David Warshofsky
Drame, Romance – USA – 1h31 – Sorti le 17 août 2011

Perceval le Gallois

Perceval le Gallois est une oeuvre de cinéma à part, un film qui se rapproche mystérieusement de celui qu’auraient réalisé nos aïeux du moyen-âge s’ils avaient eu une caméra. Le texte de Chrétien de Troyes est appuyé par un décor du XIIème siècle, sans profondeur, sans perspective, sans proportion. Rohmer signe là l’un de ses films les plus troublants et inventifs.

Synopsis : Au Moyen Age, Perceval, un garçon naïf quitte le château familial et se rend à la cour du roi Arthur pour y être fait chevalier…

Perceval le Gallois - critiqueCe qui surprend d’abord (et enchante), c’est la forme. Après La Marquise d’O…, premier film d’époque de Rohmer qui faisait suite à des films très contemporains, le réalisateur continue dans cette veine et remonte même plus loin. Il n’est plus question de fin du XVIIIème siècle mais d’une histoire des chevaliers de la table ronde qui prend place durant le VIème siècle.

En vérité, le film est très ancré dans le XIIème siècle puisqu’il se veut l’adaptation cinématographique fidèle du roman de Chrétien de Troyes Perceval ou le Conte du Graal, écrit vers 1181. Ce n’est pas la réalité du récit (et donc celle du VIème siècle) qui intéresse Rohmer, mais bien celle du roman par lequel on le connaît. Rohmer veut filmer comme l’aurait fait Chrétien de Troyes lui-même, il utilise dans sa représentation toute l’imagerie du XIIème siècle. Tout d’abord, ce qui frappe le plus, ce sont les arbres, stylisés, tellement anciens qu’ils en deviennent post-modernes. Ensuite, les échelles : les châteaux sont à peine plus grands que les hommes. L’absence de perspective est aussi troublante : les paysages sont très clairement des murs peints, les décors sont métaphoriques, les chemins qu’emprunte Perceval sont le plus minimaliste possible, le héros tourne en rond autour de quelques arbres et le spectateur s’imagine sans mal un trajet interminable. Quant au plateau, il est lui-même de forme arrondie, rappelant encore la forme des tableaux moyenâgeux.

Les postures des personnages, leur gestuelle, la position de leurs mains, leurs expressions, tout semble sorti directement d’un imaginaire que nous associons à l’avant-renaissance. Les tableaux du moyen-âge semblent s’animer devant nous, et si tous les artifices sont montrés avec évidence, c’est pour mieux nous plonger dans une époque révolue et non pas dans la vision que nous aurions aujourd’hui de cette époque. On est catapultés dans l’imagerie du XIIème siècle, tout nous paraît étranger comme si nous avions voyagé dans le temps. Et pourtant, cela reste familier, d’une fluidité surprenante, à l’image du texte de Chrétien de Troyes, déclamé en vieux français par les personnages. Et ceux-ci ne disent pas que leurs dialogues : ils se substituent au narrateur pour raconter aussi leurs faits et gestes. Et cet artifice supplémentaire n’est qu’une autre manière de nous rendre l’étrangeté familière. C’est aussi le cas des parties chantées, enchanteresses, qui nous emmènent ailleurs, loin derrière dans notre passé. Le texte nous paraît naturel, les personnages aussi, jamais figés même quand ils se racontent eux-mêmes.

Trois ans après le Sacré Graal des Monty Python dans lequel ceux-ci s’ingéniaient à porter un regard résolument moderne et distancié sur leur histoire, Eric Rohmer fait tout l’inverse : sa mise en scène cherche toujours à respecter l’oeuvre et à faire entrer le spectateur dans l’époque.

Quant au texte en lui-même, entièrement en octosyllabes, au-delà du plaisir qu’il procure, il célèbre la chevalerie, des valeurs anciennes qui n’ont que peu de résonances aujourd’hui. Pourtant, ces valeurs correspondent parfaitement à ce qui intéresse Rohmer : les chemins des coeurs, les comportements des hommes avec les autres hommes, avec les femmes, ce qui est déterminé par leur nature et ce qui est au contraire le fruit de leur éducation.

Ainsi, pour Perceval, l’éducation (ou l’absence d’éducation) joue un rôle crucial. Naïf au début de l’histoire, il devient vite avisé mais à trop suivre les conseils (et notamment le proverbe qui sera le point de départ de Pauline à la plage), il pêche par manque de curiosité. Il aurait pu sauver un roi mais son apparente indifférence, son strict respect de la pudeur qu’il croit deviner chez les autres, le pousse à se taire et à échouer. L’histoire de Perceval est étrange, elle est difficile à cerner aujourd’hui, les codes ne sont plus les mêmes et changent dramatiquement les attitudes humaines, ce qui ne pouvait pas ne pas amuser un moraliste comme Rohmer. L’importance de la parole, de la sincérité, l’importance de respecter ses adversaires plutôt que les railler semblent cependant garder leur pertinence. Mais la vraie réussite du film, c’est l’enchantement qu’il arrive à créer. En réinventant le Moyen-Âge, Rohmer interroge plus que jamais le poids des coutumes, des époques, des traditions. Le poids de la culture et des moeurs. Et essaie, entre le passé et le présent, de retrouver ce qui fait que l’homme est homme.

Note : 8/10

Perceval le Gallois
Un film d’Eric Rohmer avec Fabrice Luchini, André Dussollier, Marc Eyraud et Arielle Dombasle
Drame  – France – 2h18 – 1978

Mes meilleures amies

Entre comédie romantique et pétage de câble au féminin, Mes meilleures amies alterne les clichés et les surprises. La célibataire de 30 ans n’a jamais été si proche de s’affranchir des idioties habituelles de la comédie à l’eau de rose made in US. Dommage que Paul Feig n’aie pas le courage d’aller au bout de sa logique.

Synopsis : Annie a la poisse. Son fiancé l’a quittée et son nouvel amant est un goujat. Lorsque sa meilleure amie lui annonce son futur mariage, Annie va connaître l’angoisse d’être la demoiselle d’honneur et de devoir tout organiser…

Mes meilleures amies - critiqueEn 2001 sortait Le Journal de Bridget Jones, un film générationnel qui auscultait l’angoisse de la femme trentenaire des années 2000. En 2011 sort Mes meilleures amies, mettant en scène Annie, la Bridget Jones des années 2010. Alors, qu’est devenue la trentenaire célibataire 10 ans plus tard? Visiblement, elle est moins hypocrite et plus trash. Car Mes meilleures amies, c’est Bridget Jones passée à la moulinette Very Bad Trip.

Et quelque part, ça fait du bien de voir le "film de filles" sortir un peu la tête des niaiseries habituelles et devenir du même coup un film pour les filles… et pour les garçons.
Mes meilleures amies semble donc naviguer entre deux eaux : d’un côté, celles, bien connues, de la comédie romantique avec interrogations existentielles du type "est-ce que j’ai bonne haleine au réveil?" et de l’autre, celles de la comédie vacharde (Judd Apatow est à la production) avec quelques scènes surréalistes.

Le premier ton est toujours aussi énervant, les lieux communs s’accumulent pour que toutes les filles puissent se reconnaître en cette héroïne type (les femmes sont attirées par les salops et font souffrir les gentils garçons, elles conduisent n’importe comment, lisent des magazines people et ont une propension énorme à se ridiculiser en toute occasion). Le second est plus inattendu, plus méchant, et permet quelques séquences bien senties, notamment celle de l’essayage de la robe de mariée, sans conteste la plus drôle et irrévérencieuse du film. Celui-ci trouve toute sa justesse quand il parle de l’amitié, si solide un jour et si fragile le lendemain, ballotée entre les égoïsmes qui s’effacent plus ou moins selon les personnalités et la sincérité de l’amour qu’on porte à l’autre.

On croit un moment que le film va assumer cette impertinence, mais non. Dans les quinze dernières minutes, le réalisateur détruit son édifice : tout s’arrange car tout le monde est gentil. Mieux encore, Mes meilleures amies se fait moralisateur et conseille sans finesse la positive attitude. C’est ainsi qu’Annie pourra retrouver amour, amitié et sérénité. Ici, la happy end est particulièrement hypocrite, et donc particulièrement moche.

Note : 4/10

Mes meilleures amies (titre original : Bridesmaids)
Un film de Paul Feig avec Kristen Wiig, Rose Byrne et Maya Rudolph
Comédie – USA – 2h05 – Sorti le 10 août 2011

Les Bien-aimés

De l’amour léger des sixties à l’amour lourd des nineties, Les Bien-aimés vogue entre l’insouciance de Dans Paris et la gravité de La Belle Personne. Mais pour rendre palpable ces deux tonalités, Christophe Honoré multiplie les intrigues, livrant un film inconsistant et décousu.

Synopsis : Du Paris des sixties au Londres des années 2000, Madeleine, puis sa fille Véra vont et viennent autour des hommes qu’elles aiment. Mais toutes les époques ne permettent pas de vivre l’amour avec légèreté…

Les Bien-aimés - critiqueChristophe Honoré semble avoir voulu faire une synthèse de ses films précédents dans Les Bien-aimés. La référence la plus directe est celle aux Chansons d’amour, son seul autre film musical. Mais Les Bien-aimés fait se succéder deux époques et deux ambiances qui se sont toujours partagées le cinéma du réalisateur.

Les sixties, leur légèreté amoureuse, leur liberté colorée nous rappellent Dans Paris et Non ma fille tu n’iras pas danser. Au contraire, les nineties et le désespoir amoureux qui les recouvre évoquent plutôt La Belle Personne, et parfois même Ma mère, quand le film se permet des embardées glauques. On retrouve même Homme au bain dans la fascination pour les corps nus, souvent désirables et parfois lugubres.

Ensoleillé dans sa première partie, métallique par la suite, Les Bien-aimés multiplie les pistes, les humeurs, les intrigues et les sujets secondaires. Comme si le réalisateur s’était constamment perdu dans son histoire et avait tenté de la relancer à chaque fois par un nouveau rebondissement, une nouvelle idée, un nouveau sursaut.

Les péripéties s’enchaînent de manière arbitraire et artificielle, entre prostitution, Printemps de Prague, homosexualité, sida, deuil et 11 septembre, entre la France, la République Tchèque, l’Angleterre et le Canada. Honoré va dans toutes les directions en même temps, évoque à peine un mélodrame qu’il en crée déjà un nouveau.

Pour finalement, après une série de digressions sans véritable intérêt, retomber miraculeusement sur ses pieds dans une scène finale d’une grande virtuosité. Malheureusement, on ne sauve pas un film raté dans ses cinq dernières minutes. La conclusion, plutôt floue et très discutable, semble condamner ceux qui laissent à l’être aimé sa liberté. Ceux-là ne seront pas aimés en retour, mais plutôt méprisés (et on pense d’ailleurs au Mépris et au désamour soudain de Brigitte Bardot pour Michel Piccoli).

Sauf que Christophe Honoré confond liberté et mensonge, légèreté et égoïsme. Dans son histoire, où les personnages se trompent à tour de bras, mais aussi dans sa mise en scène, devenue pesante et artificielle. La photographie est parfois élégante et charnelle, parfois maniérée. A trop lorgner vers Xavier Dolan, le réalisateur de Dans Paris perd de sa vitalité au profit d’un esthétisme narcissique qui se ressent notamment lors des parties chantées, mises en image sans idée et sans mouvement. Les mélodies d’Alex Beaupain, toujours identiques, n’ont plus la saveur de celles des Chansons d’amour. Quant aux thématiques, elles s’insèrent mal dans le film, donnant l’impression que le scénario a été construit pour relier entre elles des chansons d’amour déjà écrites.

Le scénario semble avancer au gré du vent et des envies soudaines du réalisateur. Avec pour ligne d’horizon la dualité de l’amour, entre légèreté et gravité. Mais là encore, la liberté de ton se transforme en incohérence. Et le film sonne faux.

Note : 3/10

Les Bien-aimés
Un film de Christophe Honoré avec Chiara Mastroianni, Catherine Deneuve, Ludivine Sagnier, Louis Garrel, Milos Forman, Paul Schneider, Rasha Bukvic et Michel Delpech
Comédie musicale – France – 2h19 – Sorti le 24 août 2011

La Planète des singes : les origines

On savait depuis 2 mois comment les X-Men étaient devenus des X-Men. On ne savait pas encore comment la planète des hommes était devenue la planète des singes. Voilà qui est maladroitement réparé grâce à ce film qui comble un mystère dont on aurait aimé qu’il reste le territoire de notre imagination. Mieux vaut alors voir cet opus comme un film à part, souvent bâclé, parfois intrigant.

Synopsis : Au cours de ses recherches pour vaincre la maladie d’Alzheimer, un scientifique parvient à faire évoluer un singe nommé Caesar, qui va mener son espèce à dominer le monde.

La Planète des singes : les origines - critiqueFaire une sorte de préquel à La Planète des singes pour expliquer comment l’homme, d’espèce dominante, est devenue une espèce dominée, avait tout du piège commercial. Car ce qui rend le film de Franklin J. Schaffner aussi fascinant, c’est qu’on ne sait pas ce qui s’est passé. Les mystères du temps ont enfoui l’histoire et la mémoire s’est perdue, effacée peu à peu par le passage des générations.

Le film de Rupert Wyatt est donc plus intéressant si on le considère indépendamment de l’original, comme une nouvelle oeuvre de cinéma, une oeuvre pré-apocalyptique qui se terminerait en laissant ouvert le champ des possibles. Si on oublie que le film de 1968 est sensé être la suite de ce film-ci, on peut laisser voguer notre imagination bien au-delà d’un générique final qui pose beaucoup de problèmes et laisse peu de réponses.

Le film en lui-même a des atouts et malheureusement, de nombreux défauts. A ranger au rang de ces derniers, la construction bancale du scénario, l’interprétation binaire de James Franco (content / pas content) et la faiblesse des seconds rôles, tous stéréotypés (Tom Felton, alias Drago Malfoy dans Harry Potter, semble avoir gardé son personnage de sorcier, ici dépourvu de pouvoir, perdu chez les Moldus; Freida Pinto est jolie, compréhensive, heureuse, inquiète et courageuse, elle a justement 5 scènes pour prouver ces 5 qualités; quant à David Oyelowo, qui interprète le patron de James Franco, il est la caricature du capitaliste vénal, inconscient jusqu’à l’absurdité).

Les singes sont les meilleurs acteurs du film et Rupert Wyatt semble avoir porté tant d’attention à l’évolution de César (plutôt subtile) qu’il en a bâclé tous les autres éléments du scénario. Pourtant, le potentiel était là. La question d’une autre espèce intelligente comme celle du mystère de l’intelligence sont passionnantes. Et certaines séquences du film sont particulièrement réussies, on pense notamment aux feuilles qui pleuvent des arbres, laissant deviner le déplacement des singes de branche en branche, ou la scène finale sur le Golden Gate Bridge, qui profite de la cinégénie étonnante de San Francisco.

L’autre problématique posée de manière originale est celle de la révolte des plus faibles contre les dominants. La Planète des singes : les origines pourrait alors se lire comme une nouvelle Ferme des animaux dénonçant cette fois les rouages du capitalisme. Les conséquences apocalyptiques des expérimentations des hommes trouvent cependant un traitement plus intelligent et plus déroutant dans l’excellent 28 jours plus tard.

Mais le propos de ce film-ci se trouve peut-être ailleurs : on ne peut pas lutter contre la perte des êtres qui nous sont chers. Les problématiques planétaires sont relayées au second plan, Rupert Wyatt essayant de miser plutôt sur les intrigues affectives, avec plus ou moins de réussite. La Planète des singes : les origines a des choses à dire, et c’est déjà pas mal pour un divertissement issu d’une franchise. Dommage alors que le film soit si inégal.

Note : 4/10

La Planète des singes : les origines (titre original : Rise of the Planet of the Apes)
Un film de Rupert Wyatt avec James Franco, Freida Pinto, John Lithgow et Andy Serkis
Science-fiction – USA – 1h50 – Sorti le 10 août 2011

Super 8

Retour 30 ans en arrière, à la recherche de l’innocence des premiers blockbusters de science-fiction. J.J. Abrams sort Super 8 avec l’espoir avoué de ressusciter l’émotion d’E.T. L’enfance, les extraterrestres, Spielberg à la production… Tous les ingrédients sont réunis sauf peut-être l’essentiel : un scénario qui suprend et la magie qui va avec.

Synopsis : 1979, Ohio. Alors qu’ils tournent un film en super 8, un groupe d’adolescents est témoin d’une mystérieuse catastrophe ferroviaire. Les services fédéraux arrivent alors en ville pour cacher la vérité…

Super 8 - critiqueSteven Spielberg produit le Super 8 de J.J. Abrams, comme pour mieux signer une filiation évidente : Super 8 essaie de ressusciter le cinéma fantastique et familial des années 80 dont le maître absolu n’était autre que Spielberg. L’esprit d’E.T. semble habiter chaque plan, chaque personnage, chaque enjeu de ce film fait pour émerveiller l’enfant qui se cache en chaque spectateur, comme le faisaient ces films qui peuplent notre mémoire de cinéphile, de Retour vers le futur à Gremlins en passant SOS Fantômes et L’Histoire sans fin.

Et d’ailleurs, Abrams n’essaie pas de nous le cacher : son récit prend place à la fin des années 70 et se construit à l’identique des grandes aventures qui ont fait rêver les trentenaires d’aujourd’hui quand ils étaient en âge de découvrir le cinéma. Super 8, c’est donc une madeleine de Proust faite avec les moyens des années 2010, le déraillement du train étant sans doute la scène la plus bluffante du film.

Malheureusement, le scénario est particulièrement faible. Le mystère tient le spectateur en haleine pendant les 45 premières minutes. Ensuite, les révélations sont décevantes et souvent mal amenées. Ainsi, quand le scénario est impuissant à nous expliquer ce qui se passe, les enfants trouvent un film qui résume les grands traits de l’intrigue. Les fils narratifs sont trop visibles et la magie tant attendue n’est pas vraiment au rendez-vous : Super 8 raconte une histoire très banale, aussi bien dans le domaine de la science-fiction (les hommes jouent avec le feu en essayant de contrôler quelque chose qu’ils ne maitrisent pas) que dans celui de la famille (deux enfants vont réussir au cours du film à se rapprocher de leur père, merci Steven Spielberg).

C’est donc du côté du titre, et de l’utilisation du Super 8, qu’il faut trouver le vrai charme de ce blockbuster à l’ancienne. La célébration du film amateur est moins potache que dans Soyez Sympas, rembobinez, on décèle sans mal chez Abrams un véritable amour du cinéma, très contagieux. Le cinéma est finalement la seule chose que le réalisateur arrive à rendre véritablement fascinante. C’est déjà ça.

Note : 4/10

Super 8
Un film de J.J. Abrams avec Kyle Chandler, Joel Courtney et Elle Fanning
Science-fiction – USA – 1h50 – Sorti le 3 août 2011

The Murderer

Na Hong-jin avait fait une sacrée impression avec son premier film, The Chaser, un thriller haletant et irrespirable. Son deuxième film, The Murderer, suit la même lignée : ici encore, il n’y aura aucun répit. On regrette simplement que le film tourne parfois à l’exercice de style aux dépens du naturel.

Synopsis : Gu-nam, chauffeur de taxi, est sans nouvelles de sa femme, partie en Corée du Sud. Criblé de dettes, il accepte d’aller lui aussi en Corée du Sud assassiner un inconnu…

The Murderer - critiqueDans un univers hostile et poisseux, un homme lutte seul contre tous les autres, entraîné dans un engrenage meurtrier et sans espoir de l’arrêter. The Murderer est alors l’histoire d’une chasse à l’homme, d’une fuite en avant, d’un combat sans merci pour la vie qui ne tient plus qu’à un fil.

Tarantino n’est pas loin quand Gu-nam repousse un à un les dizaines d’assaillants qui veulent sa peau. The Murderer n’a pas peur de la démesure et tant pis pour le réalisme.

Na Hong-Jin offre alors des scènes de violence inouïe qui s’enchaînent sans que le spectateur puisse réellement reprendre son souffle. Les héros, véritablement surhumains, résistent à plus de coups qu’il en faudrait pour faire tomber un éléphant. S’il y a quelque chose de réellement jouissif à voir cette explosion de brutalité, on regrette que parfois l’exercice tourne un peu à la parodie, au détriment de la crédibilité. On préférait The Chaser, le premier film du réalisateur, qui contenait déjà toute la rage et la tension de The Murderer, mais qui évitait habilement de transformer ses personnages en clowns.

Le scénario est plutôt bien ficelé malgré un côté parfois didactique (quand un personnage meurt, son dernier mot est pour le spectateur, pour lui expliquer pourquoi il s’est comporté ainsi…). Le jeune réalisateur coréen a un talent extraordinaire pour imposer au spectateur une tension insoutenable. Il lui manque un peu de naturel pour qu’on puisse oublier pendant la projection les prouesses de mise en scène et simplement vivre l’histoire.

Note : 6/10

The Murderer (titre original : Hwanghae)
Un film de Na Hong-jin avec Kim Yun-seok, Ha Jung-woo et Jo Seong-Ha
Thriller – Corée du Sud – 2h20 – Sorti le 20 juillet 2011

Les Contes de la nuit

Six petits contes, tous construits autour de récits simples et de graphismes étonnants. Michel Ocelot émerveillera une fois encore les plus jeunes spectateurs. Les autres seront partagés entre scepticisme et admiration. Scepticisme pour des histoires de qualité inégale. Admiration pour la limpidité du propos et des dessins, faits d’ombres et de couleurs vives.

Synopsis : Tous les soirs, une fille, un garçon et un vieux technicien se retrouvent dans un petit cinéma et y jouent toutes les histoires dont ils ont envie. Tout devient alors possible…

Les Contes de la nuit - critiqueC’est d’abord le graphisme des Contes de la nuit qui émerveille. Les ombres chinoises réduisent les formes à l’essentiel, donnant à l’animation une pureté esthétique proche de celle des hiéroglyphes. Autour de ces personnages profonds comme le noir qui leur donne corps, les couleurs sont chatoyantes et dépaysantes, chaque histoire nous fait voyager dans des contrées lointaines ou dans le temps, la bande sonore crée des atmosphères exotiques étonnantes.

Le contraste entre les sombres figurines et les décors lumineux qu’elles habitent permet de mettre en avant la dialectique qui se joue entre l’être humain et la société dans laquelle il évolue. Car chacune de ces petites histoires est très fortement liée à son contexte historique et géographique, alors même que la morale qui s’en dégage touche à l’universel. Les hommes sont toujours les mêmes, où qu’ils se trouvent, toujours représentés par ces ombres chinoises qui semblent découper l’humanité dans un paysage chaque fois différent, dans un contexte chaque fois renouvelé. La richesse de la diversité culturelle (et naturelle) est un écrin de marque pour le plus beau des joyaux, fondamentalement toujours égal à lui-même, l’être humain.

Les hommes sont tous égaux et pourtant si merveilleusement différents de par le monde et le temps, semble s’émerveiller à chaque instant Michel Ocelot, et avec lui les 3 personnages qui s’amusent à créer ces contes.

Six petites histoires se succèdent ainsi, comme dans un laboratoire de l’imagination. La première fable, Le Loup garou, n’a pas beaucoup d’intérêt : elle illustre l’amour sincère dans une fin de moyen-âge crépusculaire. Suit Garçon tamtam, qui revient à l’Afrique noire de Kirikou. Là, Michel Ocelot nous dit que la véritable magie ne se trouve pas dans les objets mais dans l’homme. Sympathique aussi est le conte antillais Ti Jean et la belle-sans-connaître : c’est en aidant les autres qu’on trouve de l’aide quand on est en difficulté. Et il vaut mieux avoir une vie modeste que régner sur la mort.

L’Elue de la ville d’or et Le Garçon qui ne mentait jamais sont plus intéressants. Le premier conte parce qu’il surprend le spectateur et défend la suprématie de la vie humaine sur toute autre considération, dans un magnifique cadre aztèque. Le second parce qu’il parle de l’amitié, du sacrifice, de la sincérité, de la pureté et de la perversion des âmes dans la partie la plus émouvante du film, dans un Tibet mystique. Enfin, Les Contes de la nuit se terminent avec La fille-biche et le fils de l’architecte, un récit aussi simpliste que l’était Le Loup garou. Le conteur revient alors au moyen-âge (gothique cette fois) pour nous parler des apparences trompeuses.

Le film formé par ces six contes d’intérêt inégal donne une impression de grande beauté esthétique et de simplicité narrative originale dans le paysage de l’animation d’aujourd’hui. On regrette que cette simplicité touche parfois au simplisme, ne gardant de véritable intérêt que pour le plus jeune public.

On admire cependant l’ensemble qui réussit à illustrer joliment la complémentarité qui existe entre l’universalité de l’homme et la diversité des cultures.

Note : 5/10

Les Contes de la nuit
Un film de Michel Ocelot avec les voix de Julien Beramis, Marine Griset et Michel Elias
Film d’animation – France – 1h24 – Sorti le 20 juillet 2011

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