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Beginners

Oliver, le personnage principal, dessine ses états d’âme. Mike Mills, le réalisateur, filme les siens dans une romance en partie autobiographique. Les bonnes idées de mise en scène n’empêchent pas l’histoire d’amour d’être fade et de sonner faux. Sous ses airs intimistes, Beginners peine à sortir des sentiers battus du cinéma indépendant US.

Synopsis : Oliver voit son père, Hal, mourir après avoir révélé son homosexualité à 75 ans. Seul et déprimé, il doit alors s’occuper d’un chien philosophe et fait la rencontre d’Anna…

Beginners - critiqueIl y a dans la vie deux choses qui lui donnent un sens avec évidence : l’amour et la mort. Beginners se propose de nous parler des deux dans un montage alterné entre deux histoires a priori sans lien si ce n’est qu’elles arrivent au même personnage, à quelques mois d’intervalle.

D’un côté, Oliver voit peu à peu mourir son père, atteint d’un cancer incurable. De l’autre, il rencontre Anna, une jeune actrice pétillante et solitaire. Dans l’amour, il y a la mort, et vice-versa. Oliver est hanté par la mort de tous ses amours passées. Et il ne supporte pas de devoir laisser partir son père, qu’il aime.

Deux histoires qui sont donc amenées à s’appeler l’une l’autre, à se donner un sens mutuel. Ce fameux sens de la vie. Pourtant, si le sujet est intéressant, le traitement inégal ne permet pas au spectateur d’adhérer pleinement à ce parcours initiatique d’un homme débutant qui apprend à vivre, à aimer et à devoir mourir.

Le père d’Oliver profite du décès de sa femme pour révéler enfin son homosexualité, à 75 ans. Il décide de vivre sa nouvelle vie à fond, cherche l’amour et le bonheur passionnel qui lui a toujours été refusé. Christopher Plummer est léger et vivant, son personnage est attachant.

Mais Anna, la femme qu’Oliver rencontre, est un personnage dont on ne saura rien. Le mystère traité comme un stéréotype se transforme en vide. La femme énigmatique est en fait d’une triste banalité. Et l’histoire d’amour se met vite à patiner et à ennuyer.

Beginners répond au cahier des charges classique du film indépendant américain : introspectif, à la recherche des autres et de soi. Ewan McGregor promène tout du long sa tête perdue et malheureuse, à la manière du héros typique de ce genre de film. Beginners est traversé par quelques bonnes idées, dont certaines ont déjà été vues ailleurs (dans Garden State ou dans (500) jours ensemble) et dont la meilleure est sans conteste le chien sous-titré, idée drôle et tendre, utilisée avec pertinence et parcimonie.

Mais comme dans la plupart de ces films labellisés indépendants, la petite musique est déjà connue et la poésie a par conséquent quelque chose de factice, de construit. La recette fonctionne mais reste visible. Et la véritable poésie, étrangère à tout savoir-faire, s’échappe quand on croit la saisir.

Note : 4/10

Beginners
Un film de Mike Mills avec Ewan McGregor, Mélanie Laurent, Christopher Plummer
Comédie dramatique, Romance – USA – 1h44 – Sorti le 15 juin 2011

La Princesse de Montpensier

Un film de Bertrand Tavernier avec Mélanie Thierry, Lambert Wilson, Grégoire Leprince-Ringuet, Gaspard Ulliel et Raphaël Personnaz
Drame, Romance – France – 2h19 – Sorti le 3 novembre 2010
Synopsis : En 1562, Marie aime le duc de Guise, mais elle est contrainte d’épouser le prince de Montpensier. Le duc d’Anjou, futur Henri III, tombe aussi sous son charme…
César 2011 des meilleurs costumes.

Critique de La Princesse de MontpensierLa Princesse de Montpensier tombe corps et âme dans le piège de la reconstitution. Costumes magnifiques, décors grandioses, dialogues ciselés, acteurs prisonniers de leur texte et de l’intrigue, exactitude historique, tout participe à faire du film une accumulation de détails parfaits qui ne prennent jamais vie.

La peinture d’époque est artificielle et engoncée, un vrai souffle romanesque manque à cette histoire d’amours contrariées et impossibles. La princesse de Montpensier elle-même, figée dans la peinture de moeurs, n’arrive jamais à inspirer la sympathie, le spectateur voit les personnages se débattre avec une indifférence qui se mue parfois en ennui.

Pourtant, la nouvelle de Madame de Lafayette est loin d’être inintéressante, elle met en scène les mouvements du coeur avec richesse, conviction et désenchantement. Dans le film de Bertrand Tavernier, on ne sent que la richesse, pompeuse et immobile. Il manque à cette Princesse de Montpensier un parti-pris du réalisateur : ancien, moderne, tragique ou même léger. Cette adaptation-là est simplement scolaire.

Note : 2/10