King Kong

S’il est des films mythiques dans l’histoire du 7ème art, le King Kong original en est assurément un. Le sujet du film est entièrement nouveau, créant l’un des monstres les plus connus de l’histoire et inspirant une tripotée de remakes jusqu’à celui de Peter Jackson. Mais le premier King Kong reste le meilleur, un film d’aventure impressionnant et un film d’amour déchirant.

Synopsis : Ann Darrow, une belle blonde au chômage, est engagée pour être la vedette d’un film dont le tournage se passera sur Skull Island, une île habitée par une créature mystérieuse…

King Kong - critiqueKing Kong reste, presque 80 ans après sa sortie, un film très impressionnant. Les effets spéciaux balbutiants sont pourtant convaincants et l’émotion est là. King Kong effraie puis attendrit, le double caractère de la bête, sa force brute et sa solitude, lui donnent une complexité mystérieuse et attachante.

Le scénario est étonnant et le film crée l’un des monstres les plus connus de l’imaginaire de l’humanité. L’aspect social du début du film cède peu à peu la place au mystère et à l’effroi.

La scène dans laquelle Fay Wray, sur le bateau, joue la peur sans savoir ce qu’elle est censée craindre, est magnifique. Elle devient interprète de son futur, elle s’offre alors à sa destinée par la magie du cinéma (dans le cinéma).

Les courses poursuites sur l’île du crâne sont aujourd’hui classiques mais elles étaient très inventives pour l’époque et sont à l’origine de bien des films d’aventure. C’est quand King Kong est amené de force dans la ville de New York que le film trouve toute sa puissance dramatique.

Il s’agit alors de spectacle-voyeurisme, sujet toujours brûlant aujourd’hui, et traité ici de manière résolument moderne et terrifiante. Puis, de traqueur, le singe géant devient traqué, déraciné dans une métropole hostile. Là, pas de falaises ou de forêts où se cacher, il ne trouve que l’Empire State Building. L’image est extraordinaire et restera à jamais dans l’imaginaire collectif : King Kong domine l’homme et pourtant il est isolé, tel ce building perdu au milieu de la ville. Perdu d’amour, il est voué à la mort. Pas de transformation comme dans La Belle et la bête, même pas l’amour de la belle qui, dans cette version originale, détestera le monstre jusqu’à la fin.

Ne pouvant inspirer que la peur à l’objet de son amour, il préfère le protéger et mourir. « Ce ne sont pas les avions, c’est la belle qui a tué la bête. » Un film d’aventure complexe et déjà freudien, empli d’une puissance sexuelle qui rappelle que le désir, l’angoisse et la souffrance sont des notions toujours entremêlées.

Note : 7/10

King Kong
Un film de Ernest B. Schoedsack et Merian C. Cooper avec Fay Wray et Robert Armstrong
Fantastique – USA – 1h40 – 1933

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Publié le 30 juillet 2011, dans Films d'hier, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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