Les Crimes de Snowtown

L’histoire du serial killer le plus connu d’Australie, John Bunting, sous la forme d’un thriller social qui peu à peu se transforme en quasi-film d’horreur. Dur et intrigant.

Synopsis : Dans une banlieue où règnent chômage et abus sexuels, John Bunting, charismatique, passionnant, débarque dans la vie de Jamie et décide de le prendre sous son aile…

Le film est une illustration percutante de la fameuse banalité du mal dont parlait Hannah Arendt en évoquant les crimes Nazis. Ou comment les individus les plus ordinaires peuvent se rendre coupables des crimes les plus horribles.

Les Crimes de Snowtown commencent comme une chronique socio-politique ultra-naturaliste. Un fait divers dramatique se transforme, dans l’esprit d’une famille, en une lutte acharnée et extrémiste qui finit par prendre pour cible tous ceux qui ne vivent pas une sexualité « traditionnelle ». Petit à petit, les mots de John Bunting, dont ils tombent tous amoureux, se font de plus en plus durs, de plus en plus radicaux.

L’homme se construit petit à petit une forte emprise psychologique sur la mère et sur ses fils, et notamment sur Jamie, pour qui il prend la place vacante du père. Bunting a le don de mettre en valeur les gens, de leur donner l’importance qui leur manque tant dans leur quotidien misérable. Il a le don pour les impliquer dans une lutte forcément juste, forcément nécessaire, forcément essentielle. Tel un prédicateur, tel un gourou, il a le don pour les séduire, pour les convaincre, pour déceler autour de lui les âmes fragiles, celles qui ne cherchent qu’à adopter son point de vue.

Une fois qu’il a choisi sa victime, il la mène petit à petit au pire, à l’horreur absolue. Alors, le film se transforme en drame psychologique et horrifique, à la limite du soutenable. Doucement, le film social à la Ken Loach glisse et s’abandonne dans les abîmes de l’enfer, comme ces gens ordinaires qui glissent vers le meurtre, comme cette réalité quotidienne qui se remplit peu à peu d’atrocités commises ou acceptées silencieusement. La banalité du mal.

Après Animal Kingdom, le cinéma australien prouve en 2011 qu’il sait être saisissant, âpre, profondément violent, profondément inquiétant. La réalisation sans concession est parfois fatigante mais le résultat est franchement convaincant.

Note : 6/10

Les Crimes de Snowtown (titre original : Snowtown)
Un film de Justin Kurzel avec Lucas Pittaway, Daniel Henshall, Louise Harris
Drame – Australie – 2h00 – Sorti le 28 décembre 2011
Prix FIPRESCI de la critique internationale (Semaine de la Critique) au Festival de Cannes 2011

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Publié le 31 août 2012, dans Films sortis en 2011, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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