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Shokuzai – Celles qui voulaient oublier

Shokuzai a été découpé en deux films pour l’exploitation en salles. Le second opus vient compléter la saga et offre au spectateur un large panorama des psychoses qu’un adulte peut développer suite aux tragédies de sa jeunesse. Et malgré les chemins alambiqués de son récit, le film arrive à trouver une cohérence étonnante et inquiétante.

Synopsis : Dans une cour d’école, 4 fillettes sont témoins d’un meurtre. Sous le choc, aucune n’arrive à se rappeler de l’assassin. 15 ans plus tard, 2 d’entre elles voudraient oublier…

Shokuzai - Celles qui voudraient oublier - critiqueSuite de Shokuzai – Celles qui voulaient se souvenir, avec le destin des deux autres petites filles qui avaient assisté au meurtre de leur amie 15 ans plus tôt. Alors que Sae et Maki ne vivaient que dans l’attente de remplir leur promesse d’enfant et de se racheter, Akiko et Yuka continuent leur vie loin de ce serment, la première repliée sur elle-même, la seconde dans l’espoir de mettre le monde à ses pieds.

L’histoire d’Akiko est assez bien racontée même si une fois encore, le scénario repose sur des coïncidences d’autant plus improbables qu’elles se multiplient, et sur l’omniprésence de la perversité. Yuka apporte un vent de fraîcheur presque inattendu à cette galerie de portraits dépressifs, puisque contrairement aux autres, elle refuse de subir le poids du passé.

Pourtant, comme chacune de ses anciennes amies, elle provoquera un drame. Partout dans Shokuzai, le destin contrôle les trajectoires des personnages, leur donnant à toutes (bénédiction ou malédiction?) l’occasion de venger le traumatisme de leur enfance.

C’est encore le cas dans le segment d’Asako, dans lequel la providence et la fatalité prennent une place encore plus conséquente. Le destin d’Asako semble être la synthèse de celui des quatre jeunes filles dont elle a modifié la vie à jamais, les forçant à prendre une part de responsabilité dans le drame de leur enfance. Ainsi, elle partage avec Yuka une jalousie maladive et destructrice, à l’origine de la tragédie. Suite au meurtre d’Emili, elle se montre démesurément sévère et intransigeante avec les amies de sa fille, comme Maki avec ses élèves. Les 15 années qui suivent sont pour elles un long calvaire, une période de repli sur soi, 15 années de réclusion qu’elle partage avec Akiko. Sur le modèle de Sae, elle retrouve finalement celui qui lui avait volé sa « poupée » dans le seul but de l’atteindre.

Les vengeances terribles de Sae, Maki, Asako et Yuka influenceront-elles les choix finaux d’Akiko? Et si cette dernière était coupable de tout, si c’était elle qui avait tout provoqué, qui avait créé cinq monstres et autant de destins tragiques?

Malgré son scénario invraisemblable et l’intérêt inégal de son récit, la fable nous fascine par la diversité de ses histoires et de ses personnages, et se révèle être une étude ample et vertigineuse de la culpabilité. Ce film froid et inquiétant dresse le portrait d’une société détraquée formée d’une constellation de solitudes névrosées.

Note : 6/10

Shokuzai – Celles qui voulaient oublier (titre original : Shokuzai 2)
Un film de Kiyoshi Kurosawa avec Kyôko Koizumi, Sakura Ando et Chizuru Ikewaki
Drame, Thriller – Japon – 2h28 – Sorti le 5 juin 2013

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Shokuzai – Celles qui voulaient se souvenir

Présenté sous la forme d’une mini-série de 5 épisodes au Japon, Shokuzai a été découpé en deux films pour l’exploitation en salles. Dommage car le premier opus semble bien incomplet, et la coupe ne fait pas vraiment sens. Les 2 histoires qui nous sont présentées ici, orphelines des 3 suivantes, arrivent à nous captiver par moments, sans pour autant nous convaincre vraiment.

Synopsis : Dans une cour d’école, 4 fillettes sont témoins d’un meurtre. Sous le choc, aucune n’arrive à se rappeler de l’assassin. 15 ans plus tard, 2 d’entre elles voudraient se souvenir…

Shokuzai - Celles qui voulaient se souvenir - critiqueAprès le bref récit d’un événement traumatisant subi par quatre fillettes dans leur enfance, Kiyoshi Kurosawa s’intéresse aux conséquences de cet événement sur la vie de ces quatre amies devenues des jeunes femmes. 15 ans plus tard, les résonances du passé sont plus fortes que jamais.

Dans ce thriller froid et mystérieux, chaque personnage vit son traumatisme à sa façon, s’appropriant le passé douloureux comme une part très importante de son identité. L’histoire de Sae, aux frontières du film horrifique, fait froid dans le dos. Ce segment de Shokuzai, intense et énigmatique, est supérieur au suivant.

En effet, les aventures de Maki plongent le film dans le drame social improbable et un peu exagéré. Les coïncidences ont la part belle dans ce récit un peu limite qui voudrait nous faire croire que l’insécurité est généralisée et que les enfants sont sans cesse en danger. Néanmoins, les dilemmes moraux qui se posent ne sont pas inintéressants.

Mais le véritable problème, c’est qu’il s’agit clairement d’une première moitié de film. Le récit s’arrête au milieu, laissant l’impression évidente que cet opus ne se suffit pas à lui même et qu’en l’état, l’œuvre est inachevée.

Difficile donc de juger ce film avant de voir sa suite, sortie la semaine suivante au cinéma. Alors seulement le film sera complet et fera sens.

Note : 5/10

Shokuzai – Celles qui voulaient se souvenir (titre original : Shokuzai)
Un film de Kiyoshi Kurosawa avec Kyôko Koizumi, Hazuki Kimura et Yû Aoi
Drame – Japon – 1h59 – Sorti le 29 mai 2013