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Une nuit

Un film policier français. Un inconnu (Philippe Lefebvre, dernier film de cinéma sorti en 1985) à la réalisation. Roschdy Zem et Samuel Le Bihan devant la caméra. Une nuit promettait d’être un échec. Pourtant, tout fonctionne.  Une nuit est un film admirable, nerveux, épais. C’est simplement l’une des plus belles surprises de 2012.

Synopsis : Paris. Simon Weiss, commandant à la Mondaine, entreprend, comme chaque soir, sa tournée des établissements de nuit. Pourtant, cette nuit-là, quelqu’un cherche à le piéger.

Une nuit

Une nuit est un film surprenant. Un polar noir, âpre, tendu, d’une densité étonnante. Le Paris nocturne est un très beau personnage, la vie des clubs et boites à strip est filmée avec un réalisme captivant et une maestria enthousiasmante. Le spectateur, caché derrière ce flic de la Brigade Mondaine, découvre un univers qu’il soupçonne mal.

Le scénario tient très bien la route, l’intrigue est singulière, construite de rencontres excitantes, Roschdy Zem campe un personnage complexe, inquiétant et attachant, dont on ne sait jamais très bien si on approuve sa conduite ou si on la condamne. L’ambiguïté morale est l’enjeu majeur du film, qu’elle concerne Simon Weiss ou la vie nocturne dans son ensemble. Entre incertitudes et danger palpable, le spectateur est balloté dans ce paysage inhabituel. Un plaisir inattendu et intelligent.

Note : 8/10

Une nuit
Un film de Philippe Lefebvre avec Roschdy Zem, Sara Forestier et Samuel Le Bihan
Policier – France – 1h40 – Sorti le 4 janvier 2012

Omar m’a tuer

Omar m’a tuer raconte l’une des décisions juridiques les plus contestées de l’histoire récente. Omar est immigré, ne parle pas français, il est faible et devient le coupable idéal, même si aucune preuve cohérente ne l’accuse. Roschdy Zem raconte exactement ça, sagement, maladroitement, sans autre ambition que de dénoncer une injustice. Ça ne suffit pas à faire un film intéressant.

Synopsis : 1991. Ghislaine Marchal est retrouvée morte dans la cave de sa villa. Des lettres de sang accusent : «Omar m’a tuer». Quelques jours plus tard, Omar Raddad, son jardinier immigré, est écroué à la prison de Grasse. Il est le coupable évident…

Omar m'a tuer - critiqueDès la bande-annonce, on se demandait ce qu’un film allait bien pouvoir apporter à l’affaire Omar Raddad. A part témoigner des faits et dénoncer l’injustice, y avait-il de réels enjeux dramatiques, une véritable cause politique à défendre ou une vision du cinéma à proposer?

Après avoir vu le film, on est bien obligés de dire que nos craintes étaient justifiées. A la suite de Rachid Bouchareb et de son Indigènes, Roschdy Zem réalise son film d’utilité publique. Omar m’a tuer est plus une démonstration pour réveiller les consciences et réparer une injustice qu’une oeuvre de cinéma. La sagesse de la mise en scène ne fait que s’ajouter à un scénario déjà largement consensuel.

Le propos sur la justice ou sur l’immigration ne va pas assez loin pour prendre véritablement de l’ampleur, le personnage d’Omar est trop accablé pour arriver à exister en dehors de son statut de victime et la démarche non documentaire du film ne lui permet pas de se transformer en oeuvre d’investigation.

Roschdy Zem choisit de raconter deux histoires. D’une part, une intrigue judiciaire au centre de laquelle Omar passe son temps à essayer de comprendre ce qui lui tombe dessus et à s’effondrer. D’autre part, une enquête policière dont les conclusions sont connues du spectateur avant même que le film commence. Résultat : jamais vraiment thriller, Omar m’a tuer joue la carte du drame.

Mais le réalisateur aurait gagné à montrer avec plus d’évidence les parts d’ombre du personnage principal. Illettré et présenté comme parfaitement innocent (et naïf), Omar reste un personnage abstrait qui n’attire jamais vraiment notre empathie.

Au final, Omar m’a tuer est un film sans point de vue, sans élément nouveau, sans histoire et même sans émotion. C’est un film qui n’a pour lui que sa conviction, largement partagée, de l’innocence d’Omar Raddad. Cette affaire a peut-être beaucoup de choses à dire sur notre société, mais ce n’est certainement pas un film aussi insipide qui pourra lui rendre justice et s’en faire le porte-parole adéquat.

Note : 1/10

Omar m’a tuer
Un film de Roschdy Zem avec Sami Bouajila, Denis Podalydès et Maurice Bénichou
Drame, Policier – France – 1h25 – Sorti le 22 juin 2011

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