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Submarine

Dans le genre cinéma britannique à l’ambiance plutôt dépressive, Submarine est un film inégal, parfois long et banal, parfois vraiment enthousiasmant. L’histoire d’amour d’Oliver et de Jordana est touchante grâce aux personnages, très bien dessinés, tour à tour agaçants et attachants.

Synopsis : À 15 ans, Oliver Tate a deux gros problèmes : il rêve de sortir avec Jordana et sa mère est en train de se laisser séduire par un gourou…

Submarine - critiqueSubmarine est un petit film bourré d’idées, une chronique adolescente racontée à la première personne et qui suit les tribulations d’Oliver Tate, 15 ans, curieux, cultivé, intellectuel, plutôt bon garçon mais prêt à passer immédiatement du côté obscur si cela lui permet de séduire Jordana. Car Jordana a deux atouts indéniables pour plaire à Oliver : premièrement, elle est jolie et affole les sens en éveil du jeune homme, deuxièmement elle est étrange et mystérieuse.

En un mot, Jordana est un pur fantasme. Oliver l’imagine multiple et donc inaccessible. Sa vie n’ira donc plus que dans un sens : tout faire pour y accéder. La mise en scène est amusante, la bande originale est agréable, les personnages sont fouillés, ils possèdent tous leur part de lumière et surtout leur part d’ombre, immense et mal dissimulée. Chacun lutte contre son égoïsme, son mutisme, son désir de se laisser submerger et de tout abandonner.

Pourtant, le scénario est inégal, parfois inventif, drôle et doux-amer, comme quand Oliver rencontre la famille de Jordana ou lors de leur premier baiser, parfois simplement plat, comme absent de lui-même, comme si les scénaristes avaient lutté pour aller d’une bonne idée à la suivante. A ce titre, la bluette de la mère d’Oliver manque cruellement de corps. La fin de cette partie de l’histoire est particulièrement bâclée : elle fait de cette intrigue un objet complètement secondaire et mal greffé à la romance adolescente qui occupe le centre du film.

On est quand même assez convaincu par Oliver et Jordana pour pardonner les errements de la narration et nous enthousiasmer sur ce premier amour avec un grand A. Submarine sait trouver la magie dans la banalité du quotidien et être vraiment romantique par moments sans pour autant se départir de son ton doucement dépressif. D’une certaine manière, grâce à ses personnages beaucoup plus sombres et profonds, Submarine réussit ce que Beginners avait plutôt raté : être conscient que tout ceci va sans doute mal finir, et s’émerveiller quand même de la rencontre de deux êtres qui s’aiment.

Note : 5/10

Submarine
Un film de Richard Ayoade avec Craig Roberts, Sally Hawkins, Yasmin Paige, Noah Taylor et Paddy Considine
Comédie dramatique, Romance – Royaume-Uni, USA – 1h47 – Sorti le 20 juillet 2011

We Want Sex Equality

Une histoire vraie. En 68, des ouvrières se sont battues pour l’égalité des sexes. We Want Sex Equality. Un récit trop pédagogique, un propos trop évident. Le film se limite au programme annoncé par son titre. Aucun cliché n’est évité. Une adaptation parfaitement sage et (donc) parfaitement inutile.

Synopsis : Printemps 68, Angleterre. Une ouvrière découvre que les hommes sont mieux payés que les femmes. En se battant pour elle et ses copines, elle va simplement changer le monde.

We Want Sex Equality - critiqueOn ne niera pas que le film communique une certaine bonne humeur pour une cause évidemment juste. On ne niera pas non plus qu’il y a une certaine beauté à montrer un tel engagement pour des idéaux, envers et contre tout, et surtout au mépris des drames individuels et des difficultés personnelles.

Nigel Cole arrive-t-il à dépasser son simple sujet, ce simple titre en forme de revendication? Non. Tout est là. We want sex equality. Malheureusement, si le propos ne dépasse pas cette phrase, nul doute qu’il n’y a pas matière à faire un film.

C’est maladroitement que le réalisateur essaie de nous plonger dans des digressions assez inintéressantes : le drame de Connie est construit de manière brutale et artificielle et on comprend bien trop vite où le film veut nous emmener; les prétentions de Sandra sont tout aussi attendues et dérisoires; le personnage bienveillant et malin de la ministre est un cliché terrible qui discrédite presque l’honnêteté du film; quant à la femme d’un des directeurs de Ford, on comprend bien vite que son personnage va avoir un rôle à jouer et quand on découvre de quelle manière elle est liée aux revendications, on a envie de rire tellement les ficelles sont visibles.

Toutes ces petites péripéties sont grossièrement superposées, traitées les unes après les autres et désamorcées aussitôt : Connie se réconcilie avec Rita en un plan, un autre plan permet de signifier le soutien de Lisa à Rita devant les yeux médusés de son mari, un troisième montre comment Sandra se repent et reprend le combat. Quant à l’histoire de la mère d’Albert, on l’entend avec un long soupir d’ennui agacé. Sur un tel sujet, on était en droit d’attendre mieux qu’une fable simpliste. A trop vouloir être éloquent, Nigel Cole plombe le film. On comprend tellement ses intentions et l’illustration sage qu’il fait de son propos qu’on ne peut jamais adhérer. Un film plutôt idiot.

Note : 1/10

We Want Sex Equality (titre original : Made in Dagenham)
Un film de Nigel Cole avec Sally Hawkins, Bob Hoskins et Rosamund Pike
Comédie dramatique – Royaume-Uni – 1h53 – Sorti le 9 mars 2011

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