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La Conquête

Un film de Xavier Durringer avec Denis Podalydès, Florence Pernel et Bernard Le Coq
Comédie – France – 1h45 – Sorti le 18 mai 2011
Synopsis : L’histoire de la conquête du pouvoir présidentiel par Nicolas Sarkozy depuis son arrivée au ministère de l’intérieur en 2002 jusqu’au jour de l’élection de 2007.

La ConquêteUn film sur le président de la république en exercice, voilà un projet plus périlleux qu’audacieux. Muselé par le devoir de ne pas calomnier, de ne pas donner trop de sympathie ni d’antipathie pour le personnage, de ne pas faire un film de gauche ou un film de droite, de ne pas trop inventer, de ne pas trop faire de conjectures hasardeuses, Xavier Durringer livre un film aseptisé qui ne retrace rien de plus que ce qu’on sait déjà.

La Conquête n’est alors qu’un compte-rendu des différentes unes parues dans les médias entre 2002 et 2007 sur Nicolas Sarkozy : Ministère de l’intérieur, Ministère du budget, présidence de l’UMP, « la France qui se lève tôt », les « racailles » et bien sûr Clearstream et Cécilia.

Sarkozy n’avait sans doute pas besoin d’un film pour l’humaniser, lui qui s’est déjà depuis longtemps attelé à la tâche de démythifier les fonctions suprêmes de l’état, lui l’homme ambitieux et énergique, prêt à tout pour gagner le jeu d’échec politique qui lui est proposé. En laissant les convictions de côté, La Conquête ne parle que de l’homme et joue le jeu politique qu’il essaie de dénoncer : la peopolisation aux dépens des idées.

A la façon de Moi, Michel G, Milliardaire, Maître du monde, La Conquête veut décrire les mécanismes du pouvoir (financier dans le film de Stéphane Kazandjian, politique dans celui-ci). Mais ici, l’exercice tourne trop à la reconstitution scolaire pour que les bons mots et les jeux d’acteurs ne paraissent pas artificiels.

La Conquête n’apprendra pas grand chose au spectateur d’aujourd’hui et, plus grave, pas grand chose au spectateur de demain. La Conquête est un film sans point de vue, sans engagement. Décidément, faire un film sur Nicolas Sarkozy était une fausse bonne idée.

Note : 2/10

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