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Les films sortis en France en 2011

La Guerre est déclarée

Un jeune couple confronté au cancer de leur petit garçon de 18 mois. Un sujet très casse-gueule que Valérie Donzelli traite sans plonger dans le mélodrame ou le docu-fiction. La Guerre est déclarée est une belle histoire d’amour, un Roméo et Juliette du XXIème siècle. Un amour qui est forcément une tragédie, et une tragédie qui oublie (un peu trop) d’en être une. Un film-plume.

Synopsis : Un couple, Roméo et Juliette. Un enfant, Adam. Un combat, la maladie. Et surtout, une grande histoire d’amour, la leur…

La Guerre est déclarée - critiqueValérie Donzelli a la bonne idée de ne pas nous imposer son histoire vraie. Certes, c’est une histoire vraie et presque tout le monde le sait. Certes les interprètes reprennent leur propre rôle, certes le scénario est (forcément) très documenté. Mais le film en lui-même ne le mentionne jamais, au contraire La Guerre est déclarée s’éloigne constamment du cinéma-vérité pour imposer la fiction. L’histoire contée pourrait finalement être vraie ou fausse, elle est forcément vraie puisqu’il s’agit d’une oeuvre de cinéma. Ce qui s’est vraiment passé n’a que peu de rôle à jouer là-dedans, si ce n’est en tant qu’inspiration.

L’histoire vraie du film, ce n’est donc pas celle de Valérie Donzelli et de Jérémie Elkaïm, c’est celle de Roméo et Juliette. Le choix des prénoms n’est pas innocent : Roméo et Juliette, c’est déjà une autre histoire, celle de l’amour qui lutte. La réalisatrice n’a pas fini d’inscrire son film dans la fiction et dans l’universel, elle prénomme l’enfant Adam, le premier homme, forcément mythologique, à mille lieux de toute réalité palpable. La réalisation, très libérée, rapproche encore un peu plus le film de la fable enchantée : Valérie Donzelli se permet tout, plans inventifs, images magnifiées, scènes fantasmées, ralentis victorieux, même une partie chantée qui rappelle Christophe Honoré.

La musique est omniprésente (et particulièrement importante ici pour accompagner les émotions des personnages), les couleurs sont chatoyantes, même les personnages secondaires ont quelque chose d’irréel en eux, ils sont les archétypes bienvenus d’un univers où la réalité se ressemble et se surpasse, bref d’un univers de cinéma.

Pour renforcer cette impression de conte sur la lutte éternelle entre l’amour et la mort, l’histoire prend souvent appui sur des voix off qui comblent les ellipses ou expliquent les ressentis des personnages. On ne triche pas : La Guerre est déclarée n’est pas une histoire vraie, il y a entre nous et la fable un narrateur, et même plusieurs narrateurs, puisque trois voix se succèdent. Les héros sont plus que jamais des personnages plutôt que des personnes dont on ferait un biopic, Roméo et Juliette et Adam, et toute la bande qui les entoure, famille et amis, autant de personnages secondaires qui apportent la vie à cette histoire sans jamais nous détourner de l’essentiel : non pas la maladie d’Adam, comme essaie habilement de nous le faire croire le film, mais la lutte d’un couple, pour sauver leur fils certes, mais avant tout pour sauver leur amour. D’une certaine façon, toute l’histoire aurait été possible sans que l’enfant tombe malade. La maladie est un facteur aggravant, une situation qui exacerbe les problématiques quotidiennes d’un couple qui voudrait durer, un contexte qui place les difficultés habituelles de l’amour (égoïsme, temps qui passe et qui éloigne, enfermement, ennui, disputes, argent…) dans un état d’urgence absolue.

Alors non, Valérie Donzelli ne nous rend pas otage de l’histoire forcément poignante d’un gamin qui contracte une maladie grave. Elle a l’intelligence de désamorcer tout suspense quant à la survie d’Adam dès la première image du film. Oui, Adam survivra, La Guerre est déclarée ne sera pas un thriller sur un couple qui lutte pour la vie de leur enfant, ce sera l’histoire d’une autre guerre, l’histoire d’un amour et de ses difficultés, l’histoire d’une course effrénée contre la vie qui essaie toujours de nous rattraper, quand ce n’est pas la mort.

Car c’est bien ce qu’on retient de La Guerre est déclarée : Roméo et Juliette semblent passer le film à courir, autant pour sauver leur gamin que pour continuer à vivre malgré ce qui leur tombe dessus. Ils courent pour ne pas se laisser accabler, ils courent pour vivre et pour se rappeler qu’ils vivent, donc que tout est possible.

L’énergie de ce film est indéniable, il y a là quelque chose de différent et donc d’admirable dans le paysage du cinéma français. Que manque-t-il alors pour que ce soit un vrai chef d’oeuvre? Sans doute une mise en perspective plus audacieuse qui permette de dépasser l’anecdote et de vraiment toucher l’universel auquel aspire la réalisatrice.

La Guerre est déclarée est un film éminemment sympathique, rempli de scènes drôles, touchantes ou singulières, notamment lorsque Juliette part pour Marseille voir le neurologue, apprend la maladie de son fils, s’enfuit dans les couloirs de l’hôpital (les 15 plus belles minutes du film), puis se reprend et transmet la nouvelle qui se répand comme une traînée de poudre, multipliant les réactions d’effroi parmi les personnages. C’est frais, c’est lumineux, c’est pop et c’est un peu gadget aussi. Les séquences se succèdent à l’image de celle-ci, si légères que le film finit par manquer un tout petit peu de consistance.

La Guerre est déclarée est un beau film d’amour déguisé en drame familial et médical. Peut-être parce que dans chaque amour il y a l’espoir d’être une famille et la crainte que ça doive se finir. Chaque rencontre amoureuse est une déclaration de guerre contre tous les écueils qui vont forcément se présenter. La vraie guerre annoncée par le titre est là, le vrai suspense du film aussi : Roméo et Juliette peuvent-ils survivre (ensemble) à tout ce qui s’abat sur eux? La réponse, c’est ce film aérien et un rien insignifiant.

Note : 7/10

La Guerre est déclarée
Un film de Valérie Donzelli avec Valérie Donzelli, Jérémie Elkaïm et César Desseix
Comédie dramatique – France – 1h40 – Sorti le 31 août 2011

Neds

Neds est un film sur le désœuvrement des jeunes de Glasgow dans les années 70, et plus généralement sur le désoeuvrement des jeunes des quartiers défavorisés, quels qu’ils soient. Il raconte la chute d’un gamin intelligent qui va se retrouver pris dans l’engrenage de la violence. Certaines séquences sont fascinantes mais l’évolution du personnage laisse sceptique.

Synopsis : Glasgow, 1973. Garçon brillant, John McGill entre au collège et subit les préjugés de ses professeurs qui n’ont pas oublié son frère aîné « irrécupérable », Benny, devenu membre des NEDS (Non Educational Delinquents), qui font régner la terreur dans les quartiers.

Neds - critiqueDans la lignée de The Magdalene Sisters, Neds décrit l’éducation telle qu’elle était conçue il y a quarante ans dans les îles britanniques. Après Dublin, voici Glasgow, après 1964, voici 1973. Et après l’éducation religieuse dans tout ce qu’elle avait de plus effrayant, voici l’éducation laïque, presque aussi traumatisante.

John est un enfant doué et sérieux qui doit lutter contre tout ce qui l’entoure pour avoir une chance de réussir. D’abord contre un climat familial glauque et menaçant, ensuite contre les Neds, les petites racailles du coin qui ne portent pas vraiment dans leur coeur les premiers de la classe, enfin contre le corps enseignant lui-même, qui se méfie des jeunes et tout particulièrement de lui, dont le grand frère est devenu un meneur parmi les Neds.

John n’arrive à trouver sa place ni dans un camp ni dans l’autre, il se bat seul pour être accepté par ses professeurs et pour être reconnu par la bonne société à laquelle il n’appartient pas. Au tiers du film, suite à quelques frustrations supplémentaires, John fait un virage à 180 degrés et commence à s’impliquer dans les Neds. C’est l’un des plus gros problèmes du scénario : ce changement dans l’attitude de John n’est pas seulement brutal, il paraît inexplicable. L’enfant lutte depuis des années envers et contre tout et garde sa ligne de conduite et, du jour au lendemain, pour une petite affaire qui ne rajoute finalement pas grand chose à tout ce qu’il a déjà enduré, il s’exaspère et décide de tout foutre en l’air.

A partir de là, le film décrit une descente aux enfers, autant sociale que psychologique. John ne comprend pas que les Neds jouent à se faire la guerre et à martyriser les autres gamins simplement pour trouver leur place dans le monde et sortir de leur quotidien pourri. Il voudrait une vraie révolution, renverser les forces en place, la bourgeoisie, la police, l’école, il voudrait tout casser mais il prend conscience trop tard que les petites frappes de son quartier ne veulent rien remettre en question, simplement vivre et se donner l’illusion d’un pouvoir qu’ils n’ont pas.

John ne s’en remettra pas : dans son dernier tiers, le film entre dans une phase mystique. La violence est de plus en plus crue, les raisons du héros de plus en plus opaques, l’agitation qui se fait en lui est palpable grâce à une image particulièrement misérable et agressive. On reste cependant sceptique devant ces scènes de fureur qui s’enchaînent, de plus en plus étranges et surréelles, rapprochant parfois le film de l’exercice de style.

Par moments, Neds est vraiment convaincant et l’interprétation de Conor McCarron n’y est pas pour rien. Mais les deux virages entrepris par le scénario semblent exagérés et difficiles à admettre. Neds commence comme un film social britannique et se transforme peu à peu en autopsie de l’échec puis en thriller psychologique ultra-violent. Les trois parties sont intéressantes. Elles ont simplement du mal à s’imbriquer les unes aux autres.

Note : 5/10

Neds
Un film de Peter Mullan avec Conor McCarron, Gregg Forrest et Joe Szula
Drame – Royaume-Uni, France, Italie – 1h58 – Sorti le 31 août 2011

127 heures

127 heures aurait dû être un huis clos à l’air libre, un film d’autant plus suffoquant que le ciel est là, partout, presque envahissant et parfaitement inaccessible. Mais Danny Boyle a rempli son film de souvenirs et hallucinations souvent inutiles et tape-à-l’oeil. Le message est tellement appuyé qu’il finit par être vidé de sa substance. Jusqu’à transformer le film en spot publicitaire.

Synopsis : Aron Ralston, 27 ans, se met en route pour une randonnée dans les gorges de l’Utah. Au fin fond d’un canyon reculé, un rocher roule et emprisonne son bras dans le mur de rocaille…

127 heures - critique127 heures est un survival solitaire au beau milieu des paysages désertiques de l’Utah. La photographie est superbe, on peut presque sentir au toucher les rochers qu’Aron parcourt de la main. L’introduction est sympathique, elle ressemble plus à un clip pour les sports de l’extrême qu’à un film mais l’énergie est là, indéniablement, et la joie est communicative.

Danny Boyle est sans aucun doute un cinéaste du mouvement et à partir du moment où son héros se retrouve coincé par un rocher dans une faille d’un canyon, il ne peut se résoudre à filmer l’isolement, l’enfermement, l’immobilité ou le silence. Comme s’il fallait remplir ces 127 heures et veiller à ne pas ennuyer le spectateur (mais surtout à ne pas s’ennuyer soi-même : on sent bien que Danny Boyle n’est pas fasciné par la claustrophobie comme l’est par exemple Vincenzo Natali), le réalisateur britannique remplit la solitude d’Aron de tout un tas de stratagèmes pour le faire sortir de son trou : souvenirs, fantasmes, rêves, espoirs, conversations à la caméra, vidéos filmées avant le drame, hallucinations… Les 127 heures se passent certes dans la tête d’Aron, mais surtout à l’extérieur du canyon, loin de la situation coincée du héros.

On regrette souvent ces effets certes amusants, mais rarement mis au service de quelque chose d’intéressant : tous les passages concernant les parents d’Aron ou son ancienne petite amie sont plats et inutiles, ennuyeux et tristement consensuels. Et à cause de ces flash-backs mielleux, le propos du film perd en subtilité. Danny Boyle veut détruire le fantasme américain de l’individu qui n’a besoin que de lui-même pour réussir, pour s’amuser, pour vivre. Le self-made man qui ne doit rien à personne. Chouette idée de rappeler que dans un pays (et dans un monde) où l’égoïsme atteint des sommets, l’homme a plus que jamais besoin des autres. Pourtant, il n’était pas nécessaire d’appuyer aussi fort, de résumer le propos du film pour ceux qui n’auraient pas compris, d’abord par la bouche d’Aron, puis par un texte idiot qui rappelle que tout ceci est une histoire vraie (comme si ça donnait plus de valeur à une histoire), resituant le film dans le spot de prévention plutôt que dans l’oeuvre de cinéma.

Danny Boyle, malgré sa réalisation toujours punchy, a perdu de sa folie : depuis Slumdog Millionnaire, il n’y a plus, à la fin de ses films, cette explosion inattendue qui bouleversait toutes ses intrigues pour les conduire à la frontière entre l’incohérence et la réflexion métaphysique. Dans 127 heures, il y a bien une situation extrême qui offre d’ailleurs la plus belle idée et la plus belle scène du film. Mais elle est trop courte, elle ne remet pas assez en question la douce avancée du scénario, elle n’est pas assez surprenante, pas assez radicale. On ne ressent pas le vertige qui emportait le film aux deux tiers dans Petits meurtres entre amis, Trainspotting, 28 jours plus tard, La Plage ou Sunshine.
Danny Boyle s’est assagi. Et 127 heures, parfois stimulant, ressemble trop souvent à une publicité branchée.

Note : 4/10

127 heures (titre original : 127 hours)
Un film de Danny Boyle avec James Franco
Aventure – USA, Royaume-Uni – 1h34 – Sorti le 23 février 2011

Un Jour

Un Jour est une romance tout ce qu’il y a de plus classique, fragmentée par un choix de narration amusant : on ne verra de l’évolution du couple que la date anniversaire de leur première nuit (ratée) ensemble. Sympathique mais pas folichon : Emma et Dexter jouent l’éternel jeu du chat et de la souris et n’arrivent pas à dépasser les clichés du genre.

Synopsis : Emma et Dexter passent la nuit ensemble après leur soirée de fin d’étude et décident de devenir… amis. Pendant 20 ans, Dexter et Emma vont se tourner autour…

Un Jour - critiqueLe film est porté par une bonne idée scénaristique : suivre l’évolution d’une romance sur 20 ans en ne montrant qu’une seule journée par an, celle du 15 juillet, qui marque la première nuit passée ensemble. Lone Scherfig suit ce procédé plutôt habilement et à chaque fin de séquence, le spectateur a hâte de savoir ce que sont devenus les deux héros un an plus tard.

Un Jour est donc un film construit d’ellipses et c’est ce qui fait sa force : à chaque fois on est surpris et plutôt convaincus par ces glissements successifs qui nous permettent de passer d’une année à l’autre et qui finissent par dessiner deux vies dans leur ensemble.

La douceur et la sobriété qui caractérisaient déjà Une Education, le précédent film de la réalisatrice, permettent encore une fois au film d’être agréable à suivre : les 15 juillet se répètent sans que jamais le spectateur ne se lasse, ce qui n’était pas gagné d’avance vu la répétitivité du processus narratif.

La romance, par contre, n’a malheureusement rien d’intéressant. Emma est une fille simple et complexée, intelligente et maladroite, une fille lambda de la classe moyenne dont les rêves sont étouffés par la réalité quotidienne, plutôt misérable. Dexter est un fils à papa friqué, un success boy drôle et inconséquent qui va faire carrière dans la télévision, avec tous les clichés que cela implique : sexe, drogue et solitude. Les deux amoureux jouent au chat et à la souris sur le fil toujours ténu qui existe entre l’amour et l’amitié.

Rien de bien passionnant donc, pas de propos particulier, simplement une double chute qui ne change finalement pas grand chose à l’histoire : la première semble être simplement là pour avoir un impact sur le spectateur qui, sinon, aurait risqué d’oublier le film aussi vite qu’il avait passé un moment agréable à le suivre. La seconde est un peu plus intéressante puisqu’à défaut de tout remettre en question comme elle semble le faire un instant, elle nous réinterroge sur le contenu de cette première année, entre le premier 15 juillet et le suivant.

Ce sera le seul petit mystère de cette histoire, une histoire sympathique mais trop classique pour vraiment tirer profit du choix amusant de raconter deux vies entremêlées en une seule journée symbolique.

Note : 4/10

Un Jour (titre original : One Day)
Un film de Lone Scherfig avec Anne Hathaway, Jim Sturgess et Patricia Clarkson
Romance – USA – 1h48 – Sorti le 24 août 2011

Captain America – First Avenger

3 mois après Thor, voici Captain America, le dernier super-héros à préparer la sortie du film The Avengers. Eh bien, Captain America est encore plus mauvais que Thor. Là où le Dieu scandinave bénéficiait au moins d’une mythologie assez fascinante, Captain America n’a rien de spécifique à proposer. Il faudra alors se contenter de peu d’action et d’un scénario sans aucun intérêt.

Synopsis : Steve Rogers, frêle et timide, se porte volontaire pour participer à un programme expérimental qui va le transformer en un Super Soldat connu sous le nom de Captain America.

Captain America - First Avenger - critiqueCaptain America est un film parfaitement ennuyeux. Le scénario est calibré pour plaire à tout le monde et ne surprendre personne, tout a été déjà vu et déjà mieux fait ailleurs, il n’y a dans cet Avenger-là aucun rebondissement, aucune idée un peu nouvelle, aucune émotion.

Steve Rogers est un être faible et chétif qui n’a visiblement qu’une idée en tête : se battre (car si on ne se bat pas, on n’est pas courageux et on ne sert à rien, c’est bien connu). Son hobby est de se présenter dans tous les centres de l’armée pour essayer de s’y faire recruter et d’aller se battre pour délivrer l’Europe (on est en pleine seconde guerre mondiale). Comme il n’est jamais engagé, il trafique son adresse et va retenter ailleurs : c’est dire la mentalité du bonhomme, qu’on voudrait nous faire passer pour un vrai battant, mais qui ressemble plutôt à un vrai con qui n’a pas compris qu’il y avait plein d’autres façons de se rendre utile à sa patrie ou à l’humanité que d’aller se faire tuer sur le champ de bataille.

Notre héros a donc un gros problème d’impuissance et un scientifique obscur va le choisir pour tester son nouveau Viagra intégral qui rend plus beau, plus fort, plus musclé et forcément plus séduisant. Pourquoi ce scientifique qui doit sauver les USA choisit-il ce gringalet ? Parce que, soi-disant, celui qui a été faible saura reconnaître la valeur de la force et l’utiliser à bon escient. Il a sans doute oublié que Steve aime se bastonner contre des mecs qui font trois têtes de plus que lui, même pour des motifs bidons. Tant pis, il n’a visiblement pas trouvé mieux que cet énergumène qui veut prouver au monde qu’il a la droit de se battre lui aussi même s’il n’est qu’un nabot.

Ensuite, Steve ne perd pas de temps : il teste tout de suite son nouveau produit sur un nazi et sur Peggy Carter, une héroïne faire-valoir complètement transparente et stéréotypée. Pas autant pourtant que le méchant, un grand mauvais qui veut le mal des autres et puis c’est tout, et qui ne s’encombre pas de psychologie ou de stratégie. La guerre est très mal traitée, il n’y a jamais aucun suspense ni même l’ombre d’un scénario militaire. Le déroulement est schématique au possible et ne propose qu’un affrontement basique entre les bons et les méchants, avec pertes douloureuses (en fait non, on s’en fiche) et victoires prestigieuses (même si on s’en fiche aussi).

La seule idée intéressante est l’utilisation de Captain America comme animateur de foire et vignette marketing pour soutenir l’effort de guerre, mais le sujet est vite expédié et on préfèrera revoir Mémoires de nos pères de Clint Eastwood qui en parlait bien mieux.

Captain America n’est pas simplement un film à l’ancienne, c’est un film qui paraît déjà ancien tant tout ce qui construit son intrigue est éculé (il faut dire que les scénaristes sont ceux de la trilogie Narnia). Seule la chute réveille le spectateur de sa torpeur : non pas qu’elle soit originale, mais pour la première fois il se passe quelque chose que nous n’avions pas prévus dans les deux premières minutes du film. C’est là qu’on réalise que Captain America est vraiment une grande bande-annonce pour The Avengers, et rien de plus. Et une bande-annonce de deux heures, c’est sacrément long…

Note : 1/10

Captain America – First Avenger (titre original : Captain America : The First Avenger)
Un film de Joe Johnston avec Chris Evans, Hayley Atwell, Sebastian Stan, Tommy Lee Jones, Hugo Weaving, Dominic Cooper
Aventure, Fantastique – USA – 2h03 – Sorti le 17 août 2011