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Scream

14 ans avant Scream 4, sorti cette année sur nos écrans, le premier épisode de la série devenait instantanément un classique du film d’horreur et l’un des films les plus pastichés des années 90. Un succès complètement mérité pour un film drôle, angoissant et malin, un petit bijou de divertissement qui ne manque pas d’intelligence.

Synopsis : A Woodsboro, un serial killer, coiffé d’un masque et armé d’un couteau, menace des adolescents de les tuer s’ils répondent mal à des questions portant sur les films d’horreur…

Scream - critiqueIl faut bien l’avouer, Scream est une vraie réussite du film d’horreur, même s’il s’agit en fait plutôt d’un thriller. Rien de surnaturel n’arrive dans Scream et le but du jeu est bien de trouver qui est le serial-killer qui se cache derrière le masque devenu si connu après la sortie du film. L’épouvante vient simplement du fait que Wes Craven n’hésite pas à bien nous montrer ce qui se passe, le gore étant souligné par des effets de suspense parfois vraiment angoissants.

La scène d’ouverture est anthologique, « quel est ton film d’horreur préféré? » est sans doute l’une des répliques les plus connues du cinéma d’épouvante et si le film ne fait pas vraiment peur, il arrive à nous faire sursauter plus d’une fois sans jamais se départir de son ton plaisantin de teen-movie américain.

L’autre grande originalité du film, c’est la mise en abime constante qu’il opère. Les héros sont tous passionnés de films d’horreur et répètent inlassablement les règles qui y sont courantes sans pour autant arriver à se les appliquer à eux-mêmes et à se sauver. Ce processus de toujours rappeler qu’on est dans un film d’horreur participe paradoxalement autant à la distanciation du spectateur (ok, un film d’horreur doit marcher comme ça, comment va donc marcher celui-ci?) qu’à son identification (les personnages aussi ont vu des films d’horreur, comment réagit-on quand on connait déjà les règles, peut-on les déjouer pour autant?).

A ce titre, certaines scènes sont formidables, comme quand l’un des protagonistes regardant un film d’horreur crie à l’héroïne de se retourner alors que le tueur arrive derrière lui, et que dans une camionnette un peu plus loin, d’autres protagonistes voient la scène filmée et disent au premier de se retourner alors que bien entendu, derrière eux…

Les références constantes sont assez intemporelles pour ne pas jouer que sur le clin d’oeil et pour remettre en question tout un genre cinématographique et donner finalement la meilleure des réponses : un grand film d’horreur. Scream est drôle et malin et même son dénouement est astucieux. Bien joué!

Note : 8/10

Scream
Un film de Wes Craven avec Neve Campbell, David Arquette et Courteney Cox
Film d’horreur – USA – 1h50 – 1996
Grand Prix du Festival du Film Fantastique de Gerardmer 1997

Scream 4

Un film de Wes Craven avec Neve Campbell, David Arquette et Courteney Cox
Epouvante – USA – 1h50 – Sorti le 13 avril 2011
Synopsis : 10 ans après les meurtres, Sidney Prescott retourne à Woodsboro pour le lancement de son roman. Malheureusement, le tueur masqué est lui aussi de retour…

Scream 4Scream 4 reste fidèle à ce qui fait la particularité de la série : mise en abîme, humour teen-movie et coups de couteau.

Après les films d’horreur, les suites et les trilogies, l’auto-parodie se porte sur les remakes. Scream 4 est une suite à la trilogie, mais surtout un remake du premier opus, duquel il est beaucoup plus proche que les deux autres suites.

Les teenagers sont toujours des fondus de films d’horreur mais ceci n’apporte pas grand chose de neuf. D’ailleurs, Wes Craven ne s’y trompe pas, il ne développe pas trop le côté remake (qui répète bien vite les films précédents) et décide de jouer plus largement sur les attentes du spectateur. Ca marche notamment avec les trois débuts successifs : certes les jeunes filles assassinées chez elles, ce n’est pas très original, mais l’enchaînement des scènes d’introduction est pour le moins surprenant.

Le nouveau sujet du film, c’est l’invasion des nouvelles technologies et des nouveaux procédés de communication. Tout est comme avant, mais modernisé. Le film du massacre ne sera plus tourné en studio par la suite, c’est le tueur lui-même qui filme ses crimes. Les informations journalistiques ne devront plus attendre le reportage de Gale, tout est instantanément sur Internet, les adolescents eux-mêmes filment toute leur vie et publient en direct sur leur blog. Et les enquêteurs n’ont plus les 5 minutes de décalage auquel un lourd système de vidéosurveillance les contraignait dans Scream premier du nom : maintenant, on peut mettre des caméras un peu partout et surveiller tout un endroit comme bon nous semble. Quant à la communication, elle est devenue immédiate : la scène où deux filles voient, par leur fenêtre, leur amie se faire massacrer alors qu’elles discutent avec elle par téléphone est particulièrement bien réussie.

Pour le reste, rien de bien novateur si ce n’est qu’il y a beaucoup plus de meurtres que dans les films précédents. Le rythme est plus soutenu et Scream 4, en misant sur la surenchère, pourrait bien être le film le plus tendu de la franchise. On sursaute et on s’amuse donc sans bouder notre plaisir.

Mais la vraie réussite de Scream 4, c’est le scénario, qu’on avait pas vu si bon depuis le premier épisode. L’enquête est déroutante, la fin cohérente et surprenante, le spectateur n’est pas pris pour un con, le thriller est réussi.

Et Wes Craven de conclure sur un constat amer : à une époque où tout le monde filme tout le monde, on n’est pas moins en danger qu’avant. Pire, à une époque de surcommunication et d’instantanéité des relations, on n’est pas moins seuls qu’avant. On ne recherche plus l’amitié de telle ou telle personne. On veut sortir de l’anonymat et devenir la star du réseau. La jeunesse ne veut plus s’attacher à personne, elle veut pouvoir s’attacher à tout le monde. Illusion meurtrière.

Note : 6/10

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